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forum Index du forum forumPsychologie forumles travaux sur la croyance en un monde juste

Auteur : Sujet: les travaux sur la croyance en un monde juste  Bas
 abuzin
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 abuzin
  Posté le 22/12/2005 04:09:34
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Laboratoire de Psychologie Sociale de Grenoble-Chambéry :

Citation :

Effets dysfonctionnels et conséquences adaptatives de la croyance en un monde juste : développements récents.

Selon Lerner, la recherche de justice constitue une motivation fondamentale qui oriente les perceptions et initie les comportements les plus opposés. Initialement focalisés essentiellement sur la dépréciation (paradoxale) des victimes innocentes, les travaux sur la croyance en un monde juste (CMJ) se sont développés dans d'autres directions, au moyen de nouvelles méthodologies (améliorations psychométriques ; mesures implicites). On a assisté à l'émergence de travaux sur le développement de la CMJ chez l'adolescent et ses effets protecteurs sur les conduites antisociales ou encore sur les effets de la CMJ sur la santé mentale. A travers la présentation de recherches classiques ou de contributions personnelles, un panorama consacré aux développements récents de la théorie du monde juste sera exposé.




Ethnologies comparées :

Citation :

... L’institution totalitaire intéresse Goffman parce qu’elle parvient à modifier la personnalité des reclus, en les forçant à intérioriser l’image stéréotypée qu’elle a d’eux, dans un univers clos qui détruit toute référence identitaire[1]. C’est une situation extrême, quasi-expérimentale, qui illustre la puissance des stéréotypes sociaux. Pour faciliter leur travail, et sans doute aussi pour entretenir leur croyance en un « monde juste » (Lerner 1977), les membres du personnel de l’institution « étiquettent » les reclus dès leur arrivée : « Le personnel part en effet du principe que tout entrant est – du fait même de son entrée – une de ces personnes pour lesquelles l’institution a été spécifiquement créée. L’interné d’une prison politique ne peut être qu’un traître, dans une prison civile c’est obligatoirement un délinquant, dans un hôpital psychiatrique ce ne peut être qu’un malade : s’il n’était ni traître, ni délinquant, ni malade, pourquoi serait-il là ? » (Goffman 1968 : 132). Il est très difficile de se débarrasser de cette étiquette, et les reclus finissent souvent par croire (ou feindre de croire) qu’ils sont vraiment tels que le personnel pense qu’ils sont ...




Un exemple des effets pervers de cette "croyance en un monde juste" est la crédibilité automatique que l'on donne aux médias (ce qui passe au journal télévisé est vrai, puisqu'on considère cette émission comme une "institution" sensée donner une information vérifiée) et à ce qui est écrit (un livre est un gros travail, donc ce qui est dedans repose sur une argumentation plus valable que notre raisonnement fugace).

Autre exemple : si le gouvernement américain dit "L'Irak possède des armes de destruction massive", le poids de sa notoriété implique sa crédibilité vis-à-vis de la majorité du peuple américain et du reste du monde. À posteriori, on se rend compte que c'est faux, mais qui d'entre nous a douté que le contenu de la petite fiole qu'agitait le général Powel devant l'assemblée de l'O.N.U. n'était pas de l'anthrax.

En galvaudant les informations ou en mentant de manière effrontée, les médias, les livres, ou le gouvernement américain, vont se retrouver face à une crise de crédibilité qui aura comme effet que toute information ou déclaration deviendra suspecte, donc fausse à priori. Ce qui amène automatiquement à une "croyance en un monde juste" inversé, dont le plus bel exemple est la théorie du complot.

abuzin

--Message edité par abuzin le 2005-12-22 04:33:34--

les messages que vous n'avez pas lu
 jemrobe
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 jemrobe
  Posté le 22/12/2005 11:25:21
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Non non, ce n'était pas un flacon d'antrax qu'agitait Powel devant les membres épastrouillés de l'assemblée des Nations unies, c'était de l'extrait d'antr'hoax, qui est un dérivé beaucoup plus commun et infiniment plus pernicieux que l'antraxus vulgaris.

Pour en revenir à l'exemple US de la désinformation systématique imageant la pratique de tous les pouvoirs qu'ils soient élus ou auto proclamés, il convient de ne pas oublier que cette technique du mensonge pour la bonne cause est aussi ancienne que l'Homo Sapiens pour les évolutionnistes et doit dater du Jardin d'Eden pour les chrétiens.

Le prince Machiavel disait fort justement à ce sujet :
"Le vulgaire se prend toujours aux apparences et ne juge que par l'événement [...] les hommes sont si simples et si faibles que celui qui veut tromper trouve toujours des dupes [...] le caractère des peuples est mobile, on les entraîne facilement vers une opinion, mais il est difficile de les y maintenir."

Il donnait aussi ses conseils aux pouvoirs en place sur la façon dont il fallait traiter l'opinion publique :

Machiavel conseille de ne se reposer en rien sur l'opinion (changeante, superficielle, de gens en général lâches et ingrats);

il conseille donc de compter essentiellement sur la force et la ruse.
Cependant, par ruse, pourquoi ne pas, en plus, manipuler l'opinion et
se faire aimer de la foule, sans oublier qu'il est "plus sûr d'être craint que
d'être aimé"? C'est tout l'art du bien paraître, avoir une bonne réputation, etc.
(attention au contresens: il ne faut pas être ce qu'on paraît - du moins quand on gouverne).

Tous les pouvoirs depuis 1527 ont fait leurs les préceptes de bonne gouvernance de Machiavel, certains pouvoirs, dont les américains, en faisant un usage encore plus immodéré que les autres.

 

La vérité n'est que la rectification momentanée d'erreurs.
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 jemrobe
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 Messages postés : 733
 jemrobe
  Posté le 22/12/2005 11:38:05
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Il n'y a pas plus grands experts en mensonges que les dirigeants dictateurs avérés.
Si d'aucun pouvaient encore douter de la propension aux mensonges éhontés de la part de l'administration Bush, la démonstration en a été faite hier au cours du procès de Sadam Hussein à Bagdad :

«À la Maison Blanche, ce sont des menteurs», a affirmé Saddam Hussein, faisant référence au démenti apporté par l'administration américaine, qui avait nié que l'ancien président ait été victime de torture de la part de ses gardes.
Et pour preuve de son affirmation il a ajouté :
«Ils avaient menti sur les armes chimiques et les armes de destructions massives»

Je ne vois qu'une solution à ces tristes pratiques généralisées :
Faire greffer le nez de Pinocchio à tous les hommes politiques de la planète.

--Message edité par jemrobe le 2005-12-22 12:29:58--

La vérité n'est que la rectification momentanée d'erreurs.
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 abuzin
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 abuzin
  Posté le 22/12/2005 12:18:18
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Héhé

Les gens sont tout de même de mauvaise foi. Il ne faut pas confondre torture et torture. Brancher les testicules d'un gars sur une dynamo pour lui faire dire la vérité, ce n'est pas de la torture, c'est une thérapie contre le mensonge. On pourrait même dire que cela apporte une plus juste notion des valeurs à celui qui est torturé. D'ailleurs, les romains ne disaient-ils pas "in vino veritas" en plongeant les tourmentés au fond d'une barrique (on ne buvait pas d'eau à cette époque-là).

abuzin

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